L'Accord de défense conjoint de La Mecque et l'hypothèse d'une architecture de sécurité collective arabo-musulmane
DOI:
https://doi.org/10.63939/JSMS.2026.V8.N32.175-190الكلمات المفتاحية:
Moyen-Orient; alliances de défense; sécurité collective; Arabie saoudite-Turquie-Pakistan ; équilibrage des puissancesالملخص
Le 7 août 2026, l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé à La Mecque un accord de défense conjoint stipulant qu'une attaque armée contre l'un des signataires sera traitée comme une attaque contre l'ensemble des parties. Conclu dans le contexte de la guerre déclenchée le 28 février 2026 par les États-Unis et Israël contre l'Iran, cet accord a été présenté par les observateurs comme l'esquisse d'une « OTAN arabo-musulmane ». Cet article propose une analyse géopolitique de cette hypothèse, en resituant l'accord de La Mecque dans la généalogie longue des tentatives d'alliance de défense collective entre États à majorité musulmane du Moyen-Orient. En mobilisant les théories de l'équilibrage (balancing) et du ralliement (bandwagoning) ainsi que les approches constructivistes de l'identité islamique transnationale, l'article soutient que l'accord de La Mecque constitue moins une rupture structurelle qu'une reconfiguration tactique et conjoncturelle des alignements régionaux, dont la pérennité institutionnelle demeure hautement incertaine au regard des précédents historiques
المراجع
